23/06/2017 WORKSHOP TAMBURREDDU


 

Vendredi - Vrijdag 23/06/17

 

La Vita é Belga vous invite à un bref voyage à la découverte du Tamburreddu salentino (Percussion traditionnelle des Pouilles), de ses origines, de son histoire et des techniques d'exécution.

 

Un rendez-vous à ne pas rater avec Claudio Cavallo, un des musiciens et chercheurs salentini le plus passionné, qui a su faire rencontrer la tradition et l'innovation avec beaucoup de respect et de créativité.

 

Programme / Programma:

-19h-20h: Workshop

 

Le stage sera suivi par une soirée d'immersion dans le Sud de l'Italie avec Nisia et Mascarimiri en concert: FACEBOOK

 

Prix du workshop: 10 €

 

More info: info@lavitaebelga.eu

 



Tamburreddhu ou Tamburello?

 

Depuis longtemps la musique traditionnelle salentine fait de nombreuses rencontres musicales, et est même contaminée par d’autres styles musicaux, non seulement par les musiques d’autres traditions, mais surtout, par d’autres genres musicaux (rock, pop, électronique, etc).

Cela a conduit, selon moi, à une confusion sonore caractérisée par l’utilisation d’instruments non conformes aux traditions musicales salentines, surtout dans le jeu des percussions (tambours à cadre) qui ne respecte pas le stéréotype que les maîtres constructeurs ont réalisé dans le temps.

 

De là, naît l’idée de construire ou reconstruire une identité sonore pour entendre à nouveau ces sons particuliers, oeuvres des anciens maîtres constructeurs, ceux qui ont fait connaître au monde entier la musique traditionnelle salentine et son instrument principal: “u Tambureddhu”.

Depuis des années, l’idée me traverse de redonner une “norme” à une tradition qui oublie de plus en plus ses propres sonorités, surtout depuis la mort du dernier grand constructeur de tambourins salentins Giovanni Sancesario de Nociglia, connu comme “Mesciu Ninu”.

Il est étrange que ce soit un musicien comme moi qui puisse le penser, car peut-êre plus que les autres, j’ai contaminé la musique traditionnelle salentine avec d’autres styles et d’autres sonorités. Je pense, pourtant, que le moment est arrivé de réfléchir et de donner une dimenson juste à l’instrument majeur de la tradition musicale salentine.

 

Les changements les plus importants sur la construction de ces instruments depuis les quinze dernières années résident dans le fait que ces tambourins soient devenus toujours plus légers, les peaux toujours plus harmonisées esthétiquement aux couleurs ryhtmiques de l’instrument, et par conséquence, ils négligent ce que nous pouvons définir, en quelque sorte, le “frappé”, le coup donné, ou mieux encore, la circularité du temps du “frappé”.

 

Les morceaux de métal accrochés ont aussi changé de forme, de dimension, et sont différents de ceux que l’on peut voir dans les documentaires du répertoire qui témoignent de la technique “rotative” de la main dans le jeu. Cette technique aujourd’hui a gagné en précision dans le son, a créé une figure ryhtmique régulière, mais a perdu justement cette irrégularité sonore créée, par le “Tambureddhu” même et ses anciennes méthodes de construction.

 

Ainsi, en en discutant avec certains constructeurs récents (surtout mes amis Biagio Panico et Vito Giannone), inévitablement les questions se sont posées ainsi: de quelle façon les matériaux ont-ils changé, et leur utilisation? Pour cet objet, hier utilisé comme une thérapie, et dans le Tarantisme aujourd’hui: instrument musical que les jeunes salentins (et pas seulement), utilisent pour revendiquer leur appartenance politico-culturelle à travers la musique traditionnelle.

 

Bien sûr, n’oublions pas que nous vivons le présent, nous ne devons pas conserver les traditions et les perpétuer d’une façon folklorique, mais apporter les améliorations artisanales possibles. Il est donc juste que les constructeurs récents, analysant les instruments que la tradition a conservé, améliorent l’objet artisanal en le portant ainsi au rang de vrai instrument musical.

 

Ma réflexion souhaite donc atteindre ce point précis: reconnaître l’instrument “Tamburreddhu”, non comme un objet touristique mais comme emblème authentique de la tradition salentine, ou mieux encore, réfléchir sur ce fait, par exemple: pourquoi, pour jouer du flamenco, faut-il une guitare flamenca? Et pourquoi, pour la pizzica, prendrait-on n’importe quel tambourin?

 

Selon moi, ce n’est pas comme cela que cela doit se passer. Et vous? Qu’en pensez-vous?

 

Claudio Cavallo.